• Au fond d'un lointain souvenir ,
    Je revois , comme dans un rêve ,
    Entre deux rocs , sur une grève ,
    Une langue de mer bleuir .

    Marine

    Ce pauvre coin de paysage
    Vu de très loin apparaît mieux ,
    Et je n'ai qu'à fermer les yeux
    Pour éclairer la chère image .

    Dans mon cœur les rochers sont peints
    Tout verdis de criste marine ,
    Et je m'imprègne de résine
    Sous le vent musical des pins .

    L'œillet sauvage , fleur du sable ,
    Exhale son parfum poivré ,
    Et je me sens comme enivré
    D'une ivresse indéfinissable .

    De longs groupes de saules verts ,
    À l'éveil des brises salées ,
    Mêlent aux dunes éboulées
    Leurs feuillages, blancs à l'envers .

    Je revois comme dans un rêve ,
    Au fond d'un lointain souvenir ,
    Une langue de mer bleuir
    Entre deux rocs, sur une grève .


    André Lemoyne (1822-1907)

    Marine

    Le Mont St Michel vu de Genêts

    Petite commune du sud Manche en Normandie

    L'îlot de Tombelaine


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  •  

    Au coeur de la nature
    Avalanche de murmures
    Transperce la cascade
    Telle une humide tornade

    Coulent les perles d’eau
    Immesurables flots
    Glissant entre les roches
    Sans véritables accroches

    Comme un rideau de pluie
    La chute d’eau s’enfuit
    Les gouttes sont un refrain
    Immergeant les instincts  

    Valérie S

     Bon WE à toutes


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  • Le moulin tourne au fond du soir , très lentement ,

    Sur un ciel de tristesse et de mélancolie ,

    Il tourne et tourne, et sa voile, couleur de lie ,

    Est triste et faible et lourde et lasse , infiniment .

    Depuis l'aube , ses bras , comme des bras de plainte ,

    Se sont tendus et sont tombés ; et les voici

    Qui retombent encore , là-bas , dans l'air noirci

    Et le silence entier de la nature éteinte .

    Un jour souffrant d'hiver sur les hameaux s'endort ,

    Les nuages sont las de leurs voyages sombres ,

    Et le long des taillis qui ramassent leurs ombres ,

    Les ornières s'en vont vers un horizon mort .

    Autour d'un vieil étang , quelques huttes de hêtre

    Très misérablement sont assises en rond ;

    Une lampe de cuivre éclaire leur plafond

     

    Et glisse une lueur aux coins de leur fenêtre .

    Et dans la plaine immense , au bord du flot dormeur ,

    Ces torpides maisons, sous le ciel bas , regardent ,

    Avec les yeux fendus de leurs vitres hagardes ,

     

    Le vieux moulin qui tourne et , las , qui tourne et meurt .

    Émile Verhaeren 

    Le moulin

    Le moulin

    Le moulin

    Merci pour vos gentilles visites et commentaires 

    Je suis actuellement souffrante et la station assise

    m'est pénible 

    Toutefois je ferais mon possible pour vous visiter

    Mais je ne pourrais pas suivre tous vos posts

    pendant quelques temps , je ferais au mieux

    Je pense bien à vous toutes

    De gros bisous 

    Monia

    Le moulin

     


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  •  

     Le Cerf se voyant dans l'eau

     

     Le Cerf se voyant dans l'eau

     

     

     

    Dans le cristal d'une fontaine 

    Un Cerf se mirant autrefois 

    Louait la beauté de son bois  , 

    Et ne pouvait qu'avec peine 

    Souffrir ses jambes de fuseaux , 

    Dont il voyait l'objet se perdre dans les eaux . 

    Quelle proportion de mes pieds à ma tête ! 

    Disait-il en voyant leur ombre avec douleur : 

    Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte ; 

    Mes pieds ne me font point d'honneur . 

    Tout en parlant de la sorte  , 

    Un Limier le fait partir ; 

    Il tâche à se garantir ; 

    Dans les forêts il s'emporte . 

    Son bois, dommageable ornement , 

    L'arrêtant à chaque moment , 

    Nuit à l'office que lui rendent 

    Ses pieds, de qui ses jours dépendent . 

    Il se dédit alors , et maudit les présents 

    Que le Ciel lui fait tous les ans . 

     

    Nous faisons cas du beau , nous méprisons l'utile ; 

    Et le beau souvent nous détruit . 

    Ce Cerf blâme ses pieds qui le rendent agile ; 

    Il estime un bois qui lui nuit . 

     

    Jean de la Fontaine 

     Le Cerf se voyant dans l'eau

    Bonne  semaine à toutes

    Monia


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    Février ( la ronde des mois )

     

    Les petits matins froids du mois de février

    Se lèvent dans des tons de rouge orangé , 

    Et les nuages lentement s'étirent , 

    Laissant au soleil le temps de se vêtir .

    De sa douce chaleur , il fait fondre la glace

    Que la nuit dépose comme une carapace ,

    Sur une nature , encore engourdie

    Qui ne demande qu'à reprendre vie .

    Février à mauvaise réputation .

    A la lecture des vieux dictons

    On le dit , froid , pluvieux , venteux

    Et pourtant il est bien besogneux

    Puisqu'il prépare le Printemps

    Tirant la nature de son engourdissement

    Un petit peu plus , chaque jour

    Sans rien attendre en retour

    Que de mourir , pour laisser sa place

    A ce coquin de mois de Mars .

    Mardi-gras et la chandeleur

    Amènent à ce petit mois travailleur

    Un air de fête , apprécié des petits

    Qui le couvrent des couleurs des confettis .

    Dominique Sagne

     

     


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